Les violences conjugales demeurent un problème majeur de santé publique. Les professionnels de santé jouent un rôle central dans leur repérage, notamment pendant la grossesse.
Les violences conjugales
Une grande majorité des victimes sont des femmes :
213 000 femmes victimes de violences conjugales par an en moyenne
1 femme sur 10 a été victime
1 sur 5 porte plainte
118 féminicides en 2022
Les violences peuvent prendre différentes formes :
Violences physiques
Violences sexuelles
Violences verbales
Violences économiques et administratives
Violences en ligne (cyberviolences)
Violences psychologiques
Utilisez les baromètres de la violence pour les identifier

Comprendre le mécanisme des violences conjugales
Tension
Reconciliation
Crise
Justification
Au début de la relation, le partenaire ne se montre généralement pas violent, il apparaît au contraire bienveillant et attentif. Peu à peu, un mécanisme de contrôle coercitif s’installe, structuré autour d’un cycle qui se répète en quatre temps : une montée de tension, une phase de crise, suivies d’une justification, puis d’une réconciliation. Les deux premières étapes servent à instaurer et consolider son emprise, tandis que les deux suivantes contribuent à maintenir l’autre partenaire dans la relation.
Les règles et restrictions du partenaire, comme le fait de géolocaliser en permanence sa partenaire, s’appliquent néanmoins à toutes les phases du cycle.
Quitter une relation violente est un processus long et complexe, surtout en présence d’enfants, et peut nécessiter plusieurs tentatives.
Plusieurs facteurs peuvent expliquer ce maintien dans la relation : espoir de changement du partenaire, peur concernant les enfants, menaces ou violences, culpabilité, dépendance économique, faible estime de soi, peur du jugement, isolement social, dépendance liée à un handicap ou méconnaissance des droits et recours…
- Il peut être difficile de savoir comment réagir à sa souffrance, à son ambivalence ou à son sentiment d’impuissance.
Voici quelques repères utiles pour soutenir une victime de violence conjugale :
– Avoir une écoute empathique, sans aucun jugement ;
– Tenter de comprendre ses peurs, ses doutes, sa culpabilité ou sa honte ; éviter de la blâmer ou de la juger ;
– L’aider à exprimer ce qu’elle ressent en validant et en considérant comme normales ses réactions, ses émotions et ses sentiments ;
– Rompre son isolement et maintenir un lien avec elle, même si l’agresseur fait tout pour l’isoler. Ne pas parler contre l’agresseur ;
– En tout temps, respecter ses choix et son rythme. Lui donner le temps de prendre ses propres décisions ;
– L’informer et l’aider à trouver des ressources si elle le demande.
- Si vous ne vous sentez pas en capacité de prendre en charge la situation, n’hésitez pas à adresser la victime dans un service spécialisé ou à un autre professionnel.
- Pour rappel, la confidentialité s’impose concernant la situation de la victime, y compris si vous accompagnez d’autres membres de sa famille
Signes d'alerte et facteurs de risque
Rôle du professionnel de santé
Présentation de l’auto-questionnaire
Conformément aux recommandations de la HAS, un dépistage systématique des violences doit être proposé en consultation. Nous avons fait le choix de l’auto-questionnaire pour les raisons suivantes :
- Évite les maladresses ou biais du professionnel — questions standardisées et neutres.
- Laisse au patient la liberté de répondre à son rythme, sans pression directe.
- Systématise le dépistage et garantit une homogénéité entre professionnels.
- Bonne reproductibilité — mêmes questions dans tous les contextes.
- Bonne acceptabilité : taux de réponse élevés et retours positifs des patients.
- Outils WAST, HITS ou AAS : sensibilité souvent supérieure à 90 % (Santé Publique France ; INSPQ ; Rabin et al., 2009).
- L’envoyer en ligne par le logiciel de prise de rendez-vous, transféré dans le dossier par les secrétaires à l’arrivée.
- Les secrétaires le remettent à l’accueil, rempli en salle d’attente puis scanné dans le logiciel métier.
- Dans tous les cas, notifier/taguer dans votre logiciel que le document est rempli, avec mention particulière si une situation de violences est révélée.

Mail : contact@rspp.fr — en savoir plus
Réunions pluri-professionnelles mensuelles réunissant gynécologues, sages-femmes, pédiatres, psychologues, travailleurs sociaux et professionnels de la PMI.
1. Revoir les numéros d’urgence
17 – Police
114 – (pour les personnes sourdes, sourdaveugles, malentendantes et aphasiques) – SMS si parler est impossible
Tchat sécurisé
2. Si la victime souhaite quitter son domicile
- Elle a le droit de quitter le domicile conjugal sans autorisation préalable, mais en cas d’enfants en commun avec l’agresseur, il est recommandé d’informer les forces de l’ordre
Dispositifs d’urgence :
En cas d’urgence vitale, vous pouvez contacter les urgences en vue d’une hospitalisation de protection.
- Elle peut bénéficier d’autres mesures de protection, telles que l’ordonnance de protection (demande auprès du juge aux affaires familiales, dépôt de plainte non obligatoire).
- Redirigez la vers les associations du livret.
J’évalue les indicateurs de risque : site Déclicviolences

Depuis le 1er janvier 2026 et pour 3 ans, les tests et analyses permettant de détecter une soumission chimique sont pris en charge à 100 % par l’Assurance maladie, en dehors de tout dépôt de plainte (décret n° 2025-1208 du 11 décembre 2025).
Régions concernées : Île-de-France, Hauts-de-France, Pays de la Loire (puis prochainement la Guadeloupe)
Pour qui et quand ?
Toute personne pour qui une soumission chimique est suspectée, par le patient lui-même ou par le médecin au cours d’une consultation, même de routine, avec ou sans plainte.
Qui prescrit ?
Le médecin, lors d’une consultation, avec une ordonnance portant la mention « Protocole SC ».
Quelle prescription selon le délai ?
Jusqu’à 5 jours
après les faits : prélèvements sanguins, urinaires et, si besoin, capillaires.
De 5 jours à 6 mois
après les faits : prélèvements capillaires uniquement.
Les documents à remettre ou remplir pendant la consultation
- 1La note d’information au patient.
- 2Le formulaire de consentement : conservation des prélèvements (réalisés en double) pendant 3 ans en vue d’une éventuelle contre-expertise judiciaire, et transmission des résultats au CRAFS pour l’évaluation du dispositif.
Sa signature n’est pas obligatoire pour la prise en charge. - 3La fiche de liaison, remplie en 2 exemplaires par le médecin : l’un est remis par le patient sous pli fermé au laboratoire qui fait les prélèvements, l’autre est conservé par le patient.
En fin de consultation
- ✓Mettre le patient en contact avec le CRAFS (Centre de référence sur les agressions facilitées par les substances) pour une orientation spécialisée et personnalisée.
- ✓L’orienter vers le laboratoire de biologie médicale le plus proche, dans les délais adaptés.
Le parcours des prélèvements
Prélèvement par le laboratoire de biologie médicale le plus proche, qui envoie les échantillons au plus vite au laboratoire spécialisé.
Analyses toxicologiques par le laboratoire de référence d’Île-de-France : pharmacologie-toxicologie du CHU Raymond-Poincaré à Garches (AP-HP).
Comptes rendus envoyés systématiquement au médecin prescripteur, et au CRAFS si le patient a signé le consentement.
Le retour des résultats
- ✓Si besoin, préparer l’entretien avec le CRAFS, pour adapter le discours au contexte du patient (violences conjugales, violences sexuelles, vol ou absence d’agression) et l’orienter vers les aides adaptées.
- ✓Remettre et expliquer les résultats au patient lors d’une consultation dédiée.
Signalement : le médecin fait un signalement au Procureur de la République devant toute situation de soumission chimique, de vulnérabilité chimique ou de toute autre violence sur mineur ou majeur vulnérable.
Contacter le CRAFS
Téléconseil pour les professionnels et les victimes, à chaque étape.
Tél. : 01 40 05 42 70
Courriel : lecrafs.lrb@aphp.fr
Site : lecrafs.com
Lorsqu’une personne victime de violences engage des démarches judiciaires, elle doit fournir un certificat médical précis et conforme aux règles en vigueur. Un original est remis à la victime, une copie conservée par le professionnel.
Sages-femmes
Chirurgien.nes dentistes
Infirmier.es
Masseurs-kinésithérapeutes
Pédicures-podologues
Ostéopathes
À savoir :
Courrier –
Guide d’accompagnement des victimes de violences conjugales
- Un outil complet pour orienter et informer les victimes
- Une aide à l’auto-diagnostic des violences
- Une aide à la prise en charge immédiate
- Les structures ressources pour les victimes sur le territoire, adaptées à leurs situations

Guide d’accompagnement des professionnels de santé
- Un outil complet pour orienter et informer les victimes
- Une aide à l’auto-diagnostic des violences
- Une aide à la prise en charge immédiate
- Les structures ressources pour les victimes sur le territoire, adaptées à leurs situations
- Des précisions dans la prise en charge à destination des professionnels
Ressources
Sources par thèmes
Introduction
- Haute Autorité de santé. Repérage des femmes victimes de violences au sein du couple – Recommandation de bonne pratique.
- Haute Autorité de santé. Repérage des femmes victimes de violences au sein du couple – Argumentaire.
- Ministère chargé de l’Égalité entre les femmes et les hommes. Lettre d’information – Violences sexistes et sexuelles (novembre 2025).
- Déclic Violence. Un problème de santé publique sous-estimé.
Les différentes formes de violences
- Ministère chargé de l’Égalité entre les femmes et les hommes. Arrêtons les violences.
- Service Public. Violences conjugales.
- Déclic Violence. Définitions.
Le mécanisme de la violence
- Déclic Violence. La mécanique des violences conjugales.
- Déclic Violence. Les acteurs du huis clos familial : qui sont-ils ?
- Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale. Violence conjugale.
Signes d’alerte et facteurs de risque
- Haute Autorité de santé. Repérage des femmes victimes de violences au sein du couple – Comment repérer ?
- Déclic Violence. La grossesse : une période à risque, propice au dépistage.
- Collège de la Médecine Générale. Violences : un sujet médical.
Rôle du professionnel de santé
- Haute Autorité de santé. Violences au sein du couple : repérage des femmes victimes – L’essentiel en 4 pages.
- Collège de la Médecine Générale. Violences : un sujet médical.
- Déclic Violence. Pourquoi intervenir ?
- Déclic Violence. Les attentes des victimes.
- Déclic Violence. Les pièges à éviter.
*Dépister les violences
- Haute Autorité de santé. Repérage des femmes victimes de violences au sein du couple – Comment repérer ?
- Haute Autorité de santé. Outil d’aide au repérage des violences conjugales.
- Haute Autorité de santé. Synthèse des résultats de l’enquête BVA-HAS – Violences conjugales (novembre 2025).
- Haute Autorité de santé. Repérage des femmes victimes de violences au sein du couple.
- Déclic Violence. Le rôle du médecin généraliste : une place privilégiée dans la proximité et la durée.
- Déclic Violence. Un tabou : pour qui ? Pourquoi ?
*Prendre en charge l’urgence
- Conseil national de l’Ordre des médecins. Vade-mecum – Secret médical et violences conjugales.
- Haute Autorité de santé. Repérage des femmes victimes de violences au sein du couple – Comment agir ?
- Collège de la Médecine Générale. Que faire en cas de danger ?
*Documenter les violences : rédiger un certificat médical
- Ministère chargé de l’Égalité entre les femmes et les hommes. Les écrits professionnels.
- Collège de la Médecine Générale. Certificat médical initial.
- Haute Autorité de santé. Certificat médical initial concernant une personne victime de violences.
- Déclic Violence. Je documente les violences.
*Signaler les violences
- Agence régionale de santé Île-de-France. Document d’aide au signalement des professionnels de santé – Violences faites aux femmes.
*Orienter et informer la victime
- Ministère chargé de l’Égalité entre les femmes et les hommes. Prévenir et lutter contre les violences au sein du couple.
- Ministère chargé de l’Égalité entre les femmes et les hommes. Dépliant d’information – Violences au sein du couple.
- Déclic Violence. La législation : cadre juridique et déontologique.
*Prendre en charge la santé d’une victime de violences
Santé mentale
- Association Mémoire Traumatique et Victimologie. Introduction aux psychotraumatismes.
- Préfecture du Gers. Les répercussions des violences conjugales.
Santé physique
- Déclic Violence. Les conséquences sur la santé : multiples et durables.
- Collège de la Médecine Générale. Violences : un sujet médical.
- Déclic Violence. Pourquoi intervenir ?
- Haute Autorité de santé. Repérage des femmes victimes de violences au sein du couple – Comment repérer ?
Bibliographie complémentaire
- Déclic Violence. Bibliographie.
Guide d’accompagnement des victimes de violences conjugales
- Un outil complet pour orienter et informer les victimes
- Une aide à l’auto-diagnostic des violences
- Une aide à la prise en charge immédiate
- Les structures ressources pour les victimes sur le territoire, adaptées à leurs situations

Guide d’accompagnement des professionnels de santé
- Un outil complet pour orienter et informer les victimes
- Une aide à l’auto-diagnostic des violences
- Une aide à la prise en charge immédiate
- Les structures ressources pour les victimes sur le territoire, adaptées à leurs situations
- Des précisions dans la prise en charge à destination des professionnels
Formations / Webinaires
Cette rubrique relaie les formations proposées sur notre territoire en lien avec les violences conjugales, à destination des professionnels de santé et des acteurs du parcours des victimes.
Nous la mettons à jour régulièrement : n'hésitez pas à la consulter et à nous signaler une formation que vous souhaiteriez voir apparaître.
Dates, lieu et format : à définir ensemble
Les modalités de cette formation seront fixées en fonction de vos disponibilités et de vos besoins. Pour nous aider à les organiser, répondez à notre court sondage.
Public
Tout professionnel de santé qui souhaite se former pour mieux repérer et prendre en charge les victimes de violences conjugales.
Organisme
CPTS Paris 19
Un cycle de 3 webinaires de sensibilisation aux violences, de 12h30 à 14h en visio (Teams).
Psychotraumatisme et violences : bases neurophysiologiques
Approfondissement sur les violences, la physiologie et leur impact.
Informations à venir.
« Se reconstruire après les violences : quels types de prises en charge adaptées et quels espaces de soutien ? »
Outils (EMDR, TCC, ICV) et autres approches thérapeutiques, présentation de l’association Elle’s Imagine’nt et de ses groupes de parole.
Intervenante : Betty Smadja, psychologue clinicienne, association Elle’s Imagine’nt
« Parcours RISE et Dispositif Parcours : connaître les parcours de soins et d’accompagnement pour mieux orienter »
Parcours RISE (Hôtel-Dieu) : Dr Clémentine de La Porte des Vaux, médecin infectiologue ; Dr Rémi Rousseau, psychiatre référent de RISE ; France Boyer, psychologue du dispositif
Dispositif Parcours (Bichat) : Dr Marie Gilbert, médecin infectiologue ; Dr Claire Tantet, médecin infectiologue et présidente de l’association Mille Parcours
Co-organisatrices : Christine Paday, Nathalie Baunot, Aminata Niakate
Dates (4 séances, de 9h à 12h30)
Lieu
18 rue Georges Thill
75019 Paris
Public
Professionnel·le·s du champ médico-social et sanitaire chargé·e·s de l’accueil, de l’accompagnement et de l’orientation de femmes victimes de violences, avec ou sans enfants.
Organisme
Association L’EPOC



