Les violences conjugales demeurent un problème majeur de santé publique. Les professionnels de santé jouent un rôle central dans leur repérage, notamment pendant la grossesse.
Les violences conjugales
213 000 femmes victimes de violences conjugales par an en moyenne
1 femme sur 10 a été victime
Source : Jaspard, M., Saurel-Cubizolles, M.-J., & équipe ENVEFF. (2003). Violences envers les femmes et effets sur la santé. Présentation de l'Enquête nationale sur les violences envers les femmes en France (ENVEFF). : https://www.memoiretraumatique.org/assets/files/v1/doc_violences_sex/enquete_Enveff.pdf
1 sur 5 porte plainte
118 féminicides en 2022
Les violences peuvent prendre différentes formes :
Violences physiques
Violences sexuelles
Violences verbales
Violences économiques et administratives
Violences en ligne (cyberviolences)
Violences psychologiques
Utilisez les baromètres de la violence pour les identifier

Comprendre le mécanisme des violences conjugales
Tension
Reconciliation
Crise
Justification
Au début de la relation, le partenaire ne se montre généralement pas violent ; il apparaît au contraire bienveillant et attentif. Peu à peu, un mécanisme de contrôle coercitif s’installe, structuré autour d’un cycle qui se répète en quatre temps : une montée de tension, une phase de crise, suivies d’une justification, puis d’une réconciliation. Les deux premières étapes servent à instaurer et consolider son emprise, tandis que les deux suivantes contribuent à maintenir l’autre partenaire dans la relation.
Les règles et restrictions du partenaire, comme le fait de géolocaliser en permanence sa partenaire, s’appliquent néanmoins à toutes les phases du cycle.
Quitter une relation violente est un processus long et complexe, surtout en présence d’enfants, et peut nécessiter plusieurs tentatives.
Plusieurs facteurs peuvent expliquer ce maintien dans la relation : espoir de changement du partenaire, peur concernant les enfants, menaces ou violences, culpabilité, dépendance économique, faible estime de soi, peur du jugement, isolement social, dépendance liée à un handicap ou méconnaissance des droits et recours…
- Il peut être difficile de savoir comment réagir à sa souffrance, à son ambivalence ou à son sentiment d’impuissance.
Voici quelques repères utiles pour soutenir une victime de violence conjugale :
– Avoir une écoute empathique, sans aucun jugement ;
– Tenter de comprendre ses peurs, ses doutes, sa culpabilité ou sa honte ; éviter de la blâmer ou de la juger ;
– L’aider à exprimer ce qu’elle ressent en validant et en considérant comme normales ses réactions, ses émotions et ses sentiments ;
– Rompre son isolement et maintenir un lien avec elle, même si l’agresseur fait tout pour l’isoler. Ne pas parler contre l’agresseur ;
– En tout temps, respecter ses choix et son rythme. Lui donner le temps de prendre ses propres décisions ;
– L’informer et l’aider à trouver des ressources si elle le demande.
- Si vous ne vous sentez pas en capacité de prendre en charge la situation, n’hésitez pas à adresser la victime dans un service spécialisé ou un autre professionnel.
- Pour rappel, la confidentialité s’impose concernant la situation de la victime, y compris si vous accompagnez d’autres membres de sa famille
Signes et facteurs
Signes d'alerte et facteurs de risque
Professionnel de santé
Rôle du professionnel de santé
Conformément aux recommandations de la HAS, un dépistage systématique des violences doit être proposé en consultation. Nous avons fait le choix de l’auto-questionnaire pour les raisons suivantes :
- Évite les maladresses ou biais du professionnel — questions standardisées et neutres.
- Laisse au patient la liberté de répondre à son rythme, sans pression directe.
- Systématise le dépistage et garantit une homogénéité entre professionnels.
- Bonne reproductibilité — mêmes questions dans tous les contextes.
- Bonne acceptabilité : taux de réponse élevés et retours positifs des patients.
- Outils WAST, HITS ou AAS : sensibilité souvent supérieure à 90 % (Santé Publique France ; INSPQ ; Rabin et al., 2009).
- L’envoyer en ligne par le logiciel de prise de rendez-vous, transféré dans le dossier par les secrétaires à l’arrivée.
- Les secrétaires le remettent à l’accueil, rempli en salle d’attente puis scanné dans le logiciel métier.
- Dans tous les cas, notifier/taguer dans votre logiciel que le document est rempli, avec mention particulière si une situation de violences est révélée.

Contacter par mail
Prise en charge globale combinant accompagnement médical, psychologique, social et juridique selon les besoins de chaque patiente.
Contactez le RSPP : contact@rspp.fr — en savoir plus
Réunions pluri-professionnelles mensuelles réunissant gynécologues, sages-femmes, pédiatres, psychologues, travailleurs sociaux et professionnels de la PMI.
- Police : 17
- Si parler est impossible : SMS au 114
- Tchat sécurisé : service-public.fr/cmi
- Elle a le droit de quitter le domicile conjugal sans autorisation préalable, mais en cas d’enfants en commun avec l’agresseur, il est recommandé d’informer les forces de l’ordre.
- Informer sur les dispositifs d’urgence:
- Les demandes d’hébergement en CHRS (centres d’hébergement et de réinsertion sociale) et en CHU (centres d’hébergement d’urgence) doivent se faire via les services sociaux. En effet, ils sont gérées par le département, via le SIAO (Service Intégré d’accueil et d’orientation), qui centralise toutes les demandes d’hébergement via une plateforme numérique, vous ne pouvez pas les contacter directement.
- Dans certains cas, les forces de l’ordre peuvent demander une mise à l’abris dans ces structures.
- 115 :
Le 115 est le numéro d’urgence sociale national. Il permet aux personnes sans abri ou en grande difficulté de demander de l’aide, notamment une mise à l’abri d’urgence. Il est joignable 24/24 et 7/7. Même s’il s’agit d’un numéro placé sous l’autorité de l’Etat, son fonctionnement est organisé par département via les SIAO.
- Association Une Femme un Toit (FIT) : cette association propose un hébergement d’urgence. Pour y être orienté il faut contacter le SIAO 75 :
- Association Halte aide aux femmes battures (HAFB) :
- L’association propose un accueil différé en soirées ou les samedis sans rendez-vous. Ce dispositif permet de recevoir les femmes contraintes de quitter leur domicile en début de soirée en raison de violences conjugales, ainsi que de garantir aux femmes exerçant une activité professionnelle un accès à un accompagnement spécialisé par des professionnelles. Si votre consultation a lieu en journée, vous pouvez lui recommander d’y aller le soir. Pour les contacter : 06 76 38 53 19
- L’association propose également un service d’hérbergment d’urgence, vous pouvez les contacter au : 01 43 48 20 40
- Si aucun hébergement n’est accessible : proposez une hospitalisation de protection via les urgences.
La consultation aux urgences hospitalières permet dans certaines situations de faire constater les violences, d’alerter les forces de l’ordre et de bénéficier d’une mise à l’abri.
Les urgences les proches de notre secteur sont situées :
Hôpital Tenon : 01 56 01 77 05
Hôpital Lariboisière : 01 49 95 64 45
Hôpital Saint-Louis : 01 42 49 91 17
Hôpital Bichat : 01 40 25 77 66
- Elle peut bénéficier d’autres mesures de protection, telles que l’ordonnance de protection (demande via JAF, dépôt de plainte non obligatoire).
- Rediriger vers les associations du livret.
Vous avez du mal à évaluer s’il s’agit bien d’une urgence ? Vous pouvez appeler l’accueil de l’association ESPEREM pour vous aider : 01 43 13 13 53.
Le signalement
Situations graves nécessitant une protection judiciaire sans délai.
L’information préoccupante (IP)
Mineurs en danger ne nécessitant pas d’action en urgence.
À compléter selon votre tribunal de rattachement.
Le tribunal destinataire peut être celui du lieu de l’agression ou de résidence de la victime.
19e arrondissement : parquet05.tj-paris@justice.fr
Autre arrondissement : consulter l’annuaire des tribunaux
Parvis du Tribunal de Paris
75859 PARIS CEDEX 17
Livret Ressources Violences
Un outil complet pour orienter et informer vos patient.e.s
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