Les violences conjugales demeurent un problème majeur de santé publique. Les professionnels de santé jouent un rôle central dans leur repérage, notamment pendant la grossesse.

Les violences conjugales

Les violences conjugales peuvent concerner tous les individus, sans distinction d’âge, de milieu social ou de situation.  Une grande majorité des victimes sont des femmes :

213 000 femmes victimes de violences conjugales par an en moyenne

En moyenne chaque année sur la période 2011-2018, en France, 213 000 femmes âgées de 18 à 75 ans déclarent avoir été victimes de violences physiques ou sexuelles de la part d’un conjoint (concubin, pacsé, petit ami) ou d’un ex-conjoint. Source : Service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI). (2019). Rapport d'enquête « Cadre de vie et sécurité » : https://www.interieur.gouv.fr/content/download/120051/962866/file/RapportCVS2019.pdf

1 femme sur 10 a été victime

1 femme sur 10 a été victime de violences conjugales au cours des 12 derniers mois.
Source : Jaspard, M., Saurel-Cubizolles, M.-J., & équipe ENVEFF. (2003). Violences envers les femmes et effets sur la santé. Présentation de l'Enquête nationale sur les violences envers les femmes en France (ENVEFF). : https://www.memoiretraumatique.org/assets/files/v1/doc_violences_sex/enquete_Enveff.pdf

1 sur 5 porte plainte

Sur les 321 000 femmes majeures ayant déclaré avoir été victimes de violences physiques, sexuelles et/ou psychologiques ou verbales par leur (ex-) partenaire sur l'année 2021, moins d’1 sur 5 déclare avoir porté plainte. Source : ource : MIPROF, ((2024). Lettre de l'Observatoire national des violences faites aux femmes, n° 19 : Les violences au sein du couple et les violences sexuelles en France.. : https://arretonslesviolences.gouv.fr/sites/default/files/2024-03/Lettre-Observatoire-national-des-violences-faites-aux-femmes-Miprof-Mars-2024.pdf

118 féminicides en 2022

Sur l"année 2022, 118 femmes oint été tuées par leur partenaire ou ex-partenaire. Source : MIPROF, ((2024). Lettre de l'Observatoire national des violences faites aux femmes, n° 19 : Les violences au sein du couple et les violences sexuelles en France.. : https://arretonslesviolences.gouv.fr/sites/default/files/2024-03/Lettre-Observatoire-national-des-violences-faites-aux-femmes-Miprof-Mars-2024.pdf


Les violences peuvent prendre différentes formes :

Violences physiques

Violences sexuelles

Violences verbales

Violences économiques et administratives

Violences en ligne (cyberviolences)

Violences psychologiques

Utilisez les baromètres de la violence pour les identifier

Les baromètres des violences sont des outils d’auto-évaluation à afficher dans les salles d’attente et toilettes. Ils aident les femmes à reconnaître les comportements violents et favorisent la demande d’aide spontanée.
Le violentomètre
Il identifie différents comportements dans une relation, classés progressivement du respect aux comportements abusifs et dangereux.

Violentomètre

Zone verte — relation saine (respect, confiance)
Zone orange — comportements inquiétants (jalousie, contrôle, insultes)
Zone rouge — danger (menaces, coups, viols)

Télécharger le violentomètre

Le baromètre des violences économiques
Il fonctionne comme le violentomètre mais se concentre sur les violences économiques au sein du couple — contrôle, appauvrissement, dépossession totale d’autonomie financière.


Télécharger le baromètre économique

 
Le Handi’mètre
Baromètre adapté aux violences que peuvent subir les femmes en situation de handicap.

Handi'mètre
Télécharger le Handi’mètre

Comprendre le mécanisme des violences conjugales

Tension

Installation d’un climat de crainte et de menace : excès de colère, intimidations, regards menaçants, silences lourds...

Reconciliation

L’agresseur fait tout pour maintenir la victime auprès de lui : fait des promesses, est aux petits soins, fait tout pour se faire pardonner.

Crise

L’agresseur impose sa volonté par la violence (verbale, physique, sexuelle, psychologique...)

Justification

L’agresseur renverse la situation et se positionne comme victime : rejette la faute sur l’autre, minimise de ce qu’il s’est passé, trouve des justifications extérieures...

Au début de la relation, le partenaire ne se montre généralement pas violent ; il apparaît au contraire bienveillant et attentif. Peu à peu, un mécanisme de contrôle coercitif s’installe, structuré autour d’un cycle qui se répète en quatre temps : une montée de tension, une phase de crise, suivies d’une justification, puis d’une réconciliation. Les deux premières étapes servent à instaurer et consolider son emprise, tandis que les deux suivantes contribuent à maintenir l’autre partenaire dans la relation.

Les règles et restrictions du partenaire, comme le fait de géolocaliser en permanence sa partenaire, s’appliquent néanmoins à toutes les phases du cycle.

Il est fréquent que les victimes de violences conjugales restent ou retournent auprès de leur agresseur, ce qui peut être difficile à comprendre de l’extérieur.

Quitter une relation violente est un processus long et complexe, surtout en présence d’enfants, et peut nécessiter plusieurs tentatives.

Plusieurs facteurs peuvent expliquer ce maintien dans la relation : espoir de changement du partenaire, peur concernant les enfants, menaces ou violences, culpabilité, dépendance économique, faible estime de soi, peur du jugement, isolement social, dépendance liée à un handicap ou méconnaissance des droits et recours…

Il est normal de ne pas toujours savoir quoi dire à une victime de violence conjugale.
  • Il peut être difficile de savoir comment réagir à sa souffrance, à son ambivalence ou à son sentiment d’impuissance.

Voici quelques repères utiles pour soutenir une victime de violence conjugale :

– Avoir une écoute empathique, sans aucun jugement ;

– Tenter de comprendre ses peurs, ses doutes, sa culpabilité ou sa honte ; éviter de la blâmer ou de la juger ;

– L’aider à exprimer ce qu’elle ressent en validant et en considérant comme normales ses réactions, ses émotions et ses sentiments ;

– Rompre son isolement et maintenir un lien avec elle, même si l’agresseur fait tout pour l’isoler. Ne pas parler contre l’agresseur ;

– En tout temps, respecter ses choix et son rythme. Lui donner le temps de prendre ses propres décisions ;

– L’informer et l’aider à trouver des ressources si elle le demande.

  • Si vous ne vous sentez pas en capacité de prendre en charge la situation, n’hésitez pas à adresser la victime dans un service spécialisé ou un autre professionnel.
  • Pour rappel, la confidentialité s’impose concernant la situation de la victime, y compris si vous accompagnez d’autres membres de sa famille 


Signes et facteurs

Signes d'alerte et facteurs de risque



Professionnel de santé

Rôle du professionnel de santé

Lors de sa consultation, le rôle du professionnel de santé peut prendre plusieurs formes. Nous l’avons structuré en différentes parties, qui peuvent être lues dans leur ensemble puis consultées séparément par la suite, selon les besoins.

Conformément aux recommandations de la HAS, un dépistage systématique des violences doit être proposé en consultation. Nous avons fait le choix de l’auto-questionnaire pour les raisons suivantes :

  • Évite les maladresses ou biais du professionnel — questions standardisées et neutres.
  • Laisse au patient la liberté de répondre à son rythme, sans pression directe.
  • Systématise le dépistage et garantit une homogénéité entre professionnels.
  • Bonne reproductibilité — mêmes questions dans tous les contextes.
  • Bonne acceptabilité : taux de réponse élevés et retours positifs des patients.
  • Outils WAST, HITS ou AAS : sensibilité souvent supérieure à 90 % (Santé Publique France ; INSPQ ; Rabin et al., 2009).
Vous pouvez le mettre à disposition de différentes manières :
  • L’envoyer en ligne par le logiciel de prise de rendez-vous, transféré dans le dossier par les secrétaires à l’arrivée.
  • Les secrétaires le remettent à l’accueil, rempli en salle d’attente puis scanné dans le logiciel métier.
  • Dans tous les cas, notifier/taguer dans votre logiciel que le document est rempli, avec mention particulière si une situation de violences est révélée.
 
Comment interpréter le questionnaire :
 
Schéma d'interprétation du questionnaire
Contacts :
Parcours de soins personnalisés — Hôpital Robert Debré
Contacter par mail
Prise en charge globale combinant accompagnement médical, psychologique, social et juridique selon les besoins de chaque patiente.
Staffs médico-psycho-sociaux (MPS)
Contactez le RSPP : contact@rspp.fren savoir plus
Réunions pluri-professionnelles mensuelles réunissant gynécologues, sages-femmes, pédiatres, psychologues, travailleurs sociaux et professionnels de la PMI.

Si la patiente est dans une situation de danger imminent :
 
1
Revoyez ensemble les numéros d’urgence
2
Si la victime souhaite quitter son domicile
  • Elle a le droit de quitter le domicile conjugal sans autorisation préalable, mais en cas d’enfants en commun avec l’agresseur, il est recommandé d’informer les forces de l’ordre.
  • Informer sur les dispositifs d’urgence:
    • Les demandes d’hébergement en CHRS (centres d’hébergement et de réinsertion sociale) et en CHU (centres d’hébergement d’urgence) doivent se faire via les services sociaux. En effet, ils sont gérées par le département, via le SIAO (Service Intégré d’accueil et d’orientation), qui centralise toutes les demandes d’hébergement via une plateforme numérique, vous ne pouvez pas les contacter directement.
    • Dans certains cas, les forces de l’ordre peuvent demander une mise à l’abris dans ces structures.   
    • 115 :

      Le 115 est le numéro d’urgence sociale national. Il permet aux personnes sans abri ou en grande difficulté de demander de l’aide, notamment une mise à l’abri d’urgence. Il est joignable 24/24 et 7/7. Même s’il s’agit d’un numéro placé sous l’autorité de l’Etat, son fonctionnement est organisé par département via les SIAO.

      • Association Une Femme un Toit (FIT) : cette association propose un hébergement d’urgence. Pour y être orienté il faut contacter le SIAO 75 :
      • Association Halte aide aux femmes battures (HAFB) :
        • L’association propose un accueil différé en soirées ou les samedis sans rendez-vous. Ce dispositif permet de recevoir les femmes contraintes de quitter leur domicile en début de soirée en raison de violences conjugales, ainsi que de garantir aux femmes exerçant une activité professionnelle un accès à un accompagnement spécialisé par des professionnelles. Si votre consultation a lieu en journée, vous pouvez lui recommander d’y aller le soir. Pour les contacter : 06 76 38 53 19
        • L’association propose également un service d’hérbergment d’urgence, vous pouvez les contacter au : 01 43 48 20 40
  • Si aucun hébergement n’est accessible : proposez une hospitalisation de protection via les urgences.

    La consultation aux urgences hospitalières permet dans certaines situations de faire constater les violences, d’alerter les forces de l’ordre et de bénéficier d’une mise à l’abri.

    Les urgences les proches de notre secteur sont situées :

    Hôpital Tenon : 01 56 01 77 05

    Hôpital Lariboisière : 01 49 95 64 45

    Hôpital Saint-Louis : 01 42 49 91 17

    Hôpital Bichat : 01 40 25 77 66 

3
Si la patiente ne peut / ne veut pas quitter son domicile

Vous avez du mal à évaluer s’il s’agit bien d’une urgence ? Vous pouvez appeler l’accueil de l’association ESPEREM pour vous aider : 01 43 13 13 53. 

Santé psychique
Soutien psychologique et réorientation vers un autre professionnel
Prescription d’un traitement si nécessaire
Santé physique
Examen clinique (recherche de lésions)
Dépistage IST
Contraception d’urgence
Vaccins
PrEP
Examens d’imagerie
Si vous n’êtes pas à l’aise sur la thématique de la santé sexuelle, vous pouvez réadresser votre patient au Centre de Santé Sexuelle (CSS) Gaston Tessier ou au Centre Gratuit d’Information de Dépistage et de Diagnostic (CeGIDD) Belleville.
Lorsqu’une personne victime de violences engage des démarches judiciaires, elle doit fournir un certificat médical précis et conforme aux règles en vigueur. Un original est remis à la victime, une copie conservée par le professionnel.
Modèles de certificats médicaux (MIPROF) — téléchargez selon votre profession :
Questions fréquentes :
Dois-je fixer l’ITT (Incapacité Totale de Travail) ?
Non. Toutes les violences intrafamiliales sont des délits quelle que soit la durée de l’ITT. Elle pourra être déterminée ultérieurement par un médecin légiste sur la base de votre certificat. L’important est de rédiger un certificat précis, complet et rigoureux.
Qu’est-ce que l’UMJ de l’Hôtel-Dieu ?
L’Unité Médico-Judiciaire ne reçoit que sur réquisition de la police. La victime doit avoir fait le choix de porter plainte en amont pour y être reçue.
À noter :
Si vous êtes en retard, prenez des notes et demandez à la victime de revenir chercher les documents. Si la situation ne relève pas de l’urgence, prenez le temps de remplir les documents à votre rythme.
Si vous ne vous sentez pas en capacité de prendre en charge la situation, n’hésitez pas à adresser la victime dans un service spécialisé ou à un autre professionnel.

Le signalement

Situations graves nécessitant une protection judiciaire sans délai.

L’information préoccupante (IP)

Mineurs en danger ne nécessitant pas d’action en urgence.

Quand faire le signalement — logigramme victime majeure :
Pour en savoir plus sur le signalement et les informations préoccupantes : consulter le site Déclicviolence
Pour rédiger votre signalement :
Numéro du procureur en cas d’appel

À compléter selon votre tribunal de rattachement.

Signalement par mail

Le tribunal destinataire peut être celui du lieu de l’agression ou de résidence de la victime.

19e arrondissement : parquet05.tj-paris@justice.fr

Autre arrondissement : consulter l’annuaire des tribunaux

Signalement par courrier
Parquet de Paris
Parvis du Tribunal de Paris
75859 PARIS CEDEX 17

Livret Ressources Violences

Un outil complet pour orienter et informer vos patient.e.s

Une aide à l’auto-diagnostic des violences
Une aide à la prise en charge immédiate
Les structures ressources pour les victimes sur le territoire, adaptées à leurs situations
Télécharger le livret

En savoir plus

Ressources

Les baromètres des violences sont des outils d’auto-évaluation à afficher dans les salles d’attente et toilettes. Ils aident les femmes à reconnaître les comportements violents et favorisent la demande d’aide spontanée.
Le violentomètre
Identifie différents comportements dans une relation, classés progressivement du respect aux comportements abusifs et dangereux.

Violentomètre

Zone verte — relation saine (respect, confiance)
Zone orange — comportements inquiétants (jalousie, contrôle, insultes)
Zone rouge — danger (menaces, coups, viols)

Télécharger le violentomètre

Baromètre des violences économiques
Fonctionne comme le violentomètre mais se concentre sur les violences économiques au sein du couple — contrôle, appauvrissement, dépossession totale d’autonomie financière.


Télécharger le baromètre économique

 
Le Handi’mètre
Baromètre adapté aux violences que peuvent subir les femmes en situation de handicap.

Handi'mètre
Télécharger le Handi’mètre

Retrouvez ici un auto-questionnaire à distribuer à vos patients :
Ouvrir l’auto-questionnaire
La MIPROF a conçu un kit de formation composé d’un court-métrage (« Anna ») et d’un livret d’accompagnement, pour sensibiliser les professionnels de santé aux violences conjugales.
Livret FALC — droits des victimes de violences sexuelles
Le Collectif Féministe Contre le Viol (CFCV) a réalisé un livret en FALC (Facile à lire et à comprendre) consacré à l’accès aux droits des victimes de violences sexuelles.
0 800 05 95 95 0 805 802 804
Télécharger le livret FALC
Vidéos en langue des signes
L’association Femmes Sourdes Citoyennes et Solidaires a conçu une série de vidéos en langue des signes pour permettre aux femmes sourdes d’accéder à des informations et ressources concernant leurs droits en tant que victimes de violences sexuelles.
Accéder aux vidéos

Violences conjugales